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Les Choses sont naturiennes 2015

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Capture d'écran de Second Life, vidéo.

Texte écrit pour l'exposition J'ai Mal, j'ai Peur, à la galerie Vivo Equidem

La réalisation de cette vidéo est née de mon appréhension de l’apparition de l’Internet des objets (IoT), l’extension d’Internet à des choses et à des lieux du monde physique. Je crains et j’ai peur de voir disparaître la vie privée : plus les choses sont connectées entre elles, plus se dévoile notre vie. Je crois que nos données (DATA) doivent rester personnelles et ce qui me fait mal, c’est la vision que j’ai des jeunes générations qui n’ont plus conscience de la démarcation entre dossiers partagés et dossiers privés, notamment avec l’utilisation de logiciels de réseaux « Les choses sont naturiennes » fait partie de mes recherches sur les randonneurs naturistes et la divulgation de nos informations sur Internet. Quand j’ai constaté que les naturistes parlaient très peu à l’extérieur de leur communauté et le faisaient principalement sur des groupes web privés (par avatars), je me suis demandé comment notre corps (physique et intellectuel) peut interagir avec le système Internet. L’histoire prend forme comme une marche à travers Second Life, une randonnée naturiste virtuelle. Le scénario est construit sur le principe d’un road-movie. Le personnage est un avatar. C’est l’intermédiaire entre la machine, mes constatations et mes interrogations. La voix que l’on entend est celle de l’ordinateur. Elle est produite par un logiciel nommé « Terminal » de mon MacBook. Le doute surgit. Est-ce ma voix ? Par ce processus, je veux créer « un brodage de situation », une hypothèse de situations de vie. Le paysage virtuel que l’on voit suscite une interrogation quant à la notion de réalité Qu’est-ce qui est vrai ? Naturel ? La marche permet de prendre du recul. Marcher permet de relativiser l’expérience humaine. Je cherche à interroger les relations des multivers cybernétiques. Je crois que face aux évènements et aux progrès, à la rapidité des informations, nous sommes désorientés. Nous ne possédons plus assez de temps pour réfléchir aux situations. Il nous faut respirer et prendre le temps.