@ ADAGP Alizée Armet 2019

 

ALIZEE ARMET

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° Quitterie Charpentier,
   Chargée de médiation et communication chez Accès(s) cultures Electroniques 

   Alizée Armet est une artiste française basée au Pays Basque (FR) et Paris.  
   Une image qui attire l'oeil : un flyer épais sur lequel on voit un genre de Komondor, chien à poils
   longs (ici sur la photo, ce sont des serpillères agencées telle un chien) sur fond de tissu bleu 
   à la manière d'un Screen Motion, que l'on pourrait remplacer par une autre image de fond via un
   logiciel informatique.
   Quand on entre dans l'espace d'exposition anti white cube en se frayant un chemin entre les
   différentes propositions d'Alizée Armet, on est d'abord subjugué par le travail minutieux qu'est la
   broderie. Ces tissus & napperons évoquent évidemment l'art traditionnel du textile.
   Puis, peu à peu, on découvre le détournement de ces objets, on repère plusieurs indices du World
   Wild Web : ordinateurs, DATA & langage HTML brodés. Même la scénographie de l'exposition
   permet aux oeuvres de dialoguer entre elles comme une toile d'araignée s'étendant sur le réseau
   Internet. Tout peut être lié, tout dialogue.
   L'art de broder, cet artisanat patient, contraste avec notre façon de surfer sur la toile, de lire 
   les informations sans les retenir. Ici, la broderie est une sorte de mémoire, celle d'Alizée mais 
   aussi la nôtre. Nos souvenirs du réseau sont là, délicatement retranscrits sur des toiles 
   (véritables tissus) par des points de croix, points de tige, points de..., tels des pixels formant 
   d'une image numérique,et marqués concrètement, manuellement dans cet espace.
   Alizée explore le métavers, les flux et les jettent sur la matière. 
   Elle se réapproprie l'usage de la broderie, elle en fait une nouvelle interprétation.  


° Maylis Doucet, contributeur à 10point15

Alizée Armet invente ici un dispositif de réalité virtuelle connecté à notre cerveau.
Son casque de neuroscience nous emmène sur un marché de Francfort, où se trouve une balise numérique au centre. Avec ce dispositif, Alizée Armet tente d'échapper à une architecture fixe et immobile dans laquelle l'art s'emmêle parfois. Nous prenons place dans le système Alizée Armet comme dans une arène de jeu vidéo où chaque vibration de notre être est transcrite en direct devant nos yeux, avide d'intensité. Le résultat : des toiles 3D créées par photogrammétrie et figées en apesanteur comme des artefacts pétrifiés dans l'air. Ces toiles montrent donc la complexité de la vision des machines et non celle des hommes
issus des codes algorithmiques créés grâce au logiciel utilisé par Alizée Armet.
Pour réaliser cet appareil, l'atelier de l'artiste s'est rapidement transformé en laboratoire de programmation et de neurologie où elle a appris à jouer avec les données. Détachée des peurs scientifiques où l'art est une discipline dangereuse, elle cherche des réponses esthétiques là où les artistes ne s'aventurent plus : la science neurologique et les défis de l'apprentissage profond.L'oeuvre d'Alizée Armet prend également en compte la honte prométhéenne que l'homme ressente la faiblesse de sa condition biologique humaine, ses souffrances et ses limites face à la toutepuissance et à la perfection de la technologie.
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